Edito de Fred Sechet

edito mars 2015 : 10km de Vincennes/15km de Charenton

Edito Mars : les 10km de Vincennes/15km de Charenton

Samedi midi, direction Vincennes pour aller chercher mon dossard. Je le récupère devant le parvis de la mairie et je suis pris de frissons, serrait ce l’excitation de la course ? La légère brise hivernale ? Un sentiment étrange me fait penser que ce n’est ni l’un, ni l’autre. Je reprends ma voiture et rentre chez moi…

 

A peine rentré, je pose le packtage tout en étant pris de suées, le reflexe est de baisser le chauffage. A peine la manœuvre effectué, je m’affale sur le lit. TERRASSE, mais qu’est ce qui se passe ? Un coup de pompe ? Je transpire énormément maintenant et chaque geste est compliqué. Après une heure de tergiversation, je me décide. Rejoindre la salle de bain et l’armoire à pharmacie pour récupérer médocs et thermomètre. Les 10 m qui séparent mon lit de la salle de bain me semblent être aussi long qu’un marathon. Je m’écroule devant la ligne d’arrivée et m’en sort en donnant un coup de tête à la porte pour ouvrir la salle de bain. Je suis pris d’une profonde asthénie, le fait de me redresser pour atteindre l’armoire à pharmacie m’épuise. Je l’atteints temps bien que mal et récupère, des médicaments. 1er boite du doliprane… périmé depuis 2 ans. Ce n’est pas gagné ! Je finis par récupérer Doliprane et Aspirine et mon thermomètre.

 

L’objectif étant de retourner au lit maintenant. Pour bien travailler sa vitesse, un célèbre coach, nous dit que le temps de récup doit être égal au temps d’effort. Je m’applique donc à bien prendre mon « temps de récup », 10m on peut considérer que c’est du fractionné court, non ! Je m’élance tel un sprinteur d’un 4*100m entre Jimmy Vicaud et Christophe Lemaitre. Le thermomètre, main gauche, faisant office de bâton de relais. Je m’élance mais je n’aime pas le fractionné court. A 3m du lit, ca commence à être dans le dur, c’est là ou les conseils de Franck sont précieux « bien relâché » qu’il nous dit. Ceci me permet d’atteindre le lit ou je m’affale dans un geste mal maitrisé, je perds une pantoufle qui décrit un arc de cercle au dessus du lit et finit par exploser mon réveil. IL s’éteint et moi aussi. Une fatigue plus importante qu’après un marathon en ayant fait 20m !

 

Je repasse dans un état fébrile avec claquements de dents impossible à maitriser, à la vitesse du poinçonneur des Lilas qui oblitèrent les tickets de métro. Dans la manœuvre, j’explose 2 plombages ! Je prends 3 cachetons ce qui m’offre un peu de répits pour passer le bâton de relais (Je ne vais pas vous faire un dessin). 20 secondes plus tard, verdict, 39,8°C, je suis bon ! Je sais déjà que pour le lendemain c’est mort ! Pas de rhume, pas de nez qui coule ou bouché, un peu de toux, j’alterne grosses suées et état fébrile avec claquements de dents et une fatigue mais alors une fatigue qui t’oblige à gérer tes efforts : « je vais au toilette, j’attends encore un peu… »

Effectivement le lendemain, au réveil je suis encore à 39°C et la tête en compteur à Gaz mais l’abonnement GDF n’est pas à jour. Je me recouche la mort dans l’âme. Je passe la journée à dormir. Déjà que je ne fais pas de 10km, la seule fois ou je m’inscris sur cette distance, je tombe malade. Il y a des signes… le 10km ce n’est pas pour moi.

Vous savez la différence qu’il y a entre un état grippal et la grippe, bah c’est la différence qu’il y a entre un 10km et un marathon ! Ceux qui ne l’ont jamais fait ne savent pas de quoi on parle.

Je pense à toute ma clientèle qui se présente à la pharmacie. "J’ai la grippe, je pourrai avoir du Fervex…". J’ai envie de leur dire que s‘ils sont en face de moi, ce n’est pas la grippe ! Je comprends mieux pourquoi on vaccine les vieux et les ALD ! Quand je vois qu’un « athlète » comme moi est littéralement terrassé par ce virus ! J’anticipe déjà la réponse de nos vétérans : «On s'est fait vacciner mais au moins on a fait le 10km de Vincennes, couillon ! ». L’année prochaine je me vaccine, triple doses ! Et je fais ce 10km De Vincennes…

Durant la séance du mercredi, Christian à Didier : « Cette année le niveau V2 est vachement élevé ! », tu penses, ils sont tous vaccinés eux!

C’est la 1ère fois en 10 ans que je dois renoncer à une course mais arrive le 15km de Charenton.

Pas bien placé au départ, je rattrape Christine et Patrick, après la 1ère boucle (3ème km), qui me lancent un petit message d’encouragement et m’indique que Christian est devant. Pas vraiment au top sur cette course, je fais l’accordéon derrière lui qui est métronomique comme d’hab’ ! Je reçois également les encouragements de Jean Pierre, de Phiphi en contre sens et d’Haudrey dans sa voiture! Pas super lucide sur mes sensations, je ne fais pas un seul km à la même allure ! Forcément un peu déçu, j’aurai aimé mieux préparer le semi du 94.

Une petite pensée pour nos blessés, en espérant qu’ils se remettent très vite !

Merci à mon illustrateur Malotruf

Fred