letape du tour
Edito de Fred Sechet

Letape du Tour 2015

Il y a 18 mois de cela, le vélo pour moi, c’était aller chercher le pain à la boulangerie. Avec la nouvelle piscine de Noisy, je me suis mis à la natation. Une fois la natation et la course à pied, il ne te reste plus que le vélo…..

1ère inscription sur des triathlons M qui m’ont obligé à faire des sorties de 40km, où j’ai eu mal au cul…Puis, inscription sur un triathlon L, les sorties ont été alors de 80 à 100km, j’ai alors eu mal aux cuisses. Enfin, cette inscription à l’étape du tour, a été l’occasion de faire des sorties de 130 à 150km sur des parcours de plus en plus vallonnés, en Région Parisienne mais également dans le Calvados où j’ai appris à avoir mal aux mollets….

Dimanche 19 juillet

Petit déjeuner copieux et ultime gonflage de pneus, nous descendons sur la ligne de départ. Sas 7, c'est-à-dire en plein milieu du peloton de 15000 concurrents. Le temps s’annonce bien. Et c’est parti pour une grande aventure puisque c’est la première fois que je vais monter un col et passer autant de temps sur un vélo.

 Le col du Chaussy 18.3km à 6.3%

Nous nous scindons très rapidement en 2 groupes, Thierry et moi devant, et Jean Luc et Christian juste derrière. Bien calé dans la roue de Thierry, je suis bien. A la faveur d’un lacet, je lance un encouragement à Jean Luc sans voir que Christian est juste derrière, c’est la dernière fois de la course que je les verrais…. Je prends quelques relais mais Thierry me met en garde 2 ou 3 fois dans le col pour éviter que je parte trop vite. Nous restons ensemble tout le long du col et on commence à ramasser un paquet de monde, à gauche de la route, dans la partie gravillonneuse et herbeuse. Thierry gueule pour que cela s’écarte devant. Mon angoisse à moi a été la peur de crever…. Une montée que j’ai appréciée même si avec le monde, notre montée n’a pas été régulière, ayant été plus ou moins gênés… Mais j’étais content d’avoir pu suivre Thierry sur un col… 1er ravitaillement sans encombre, et Thierry me demande de le suivre dans la descente mais là c’est moins mon truc, surtout que la route était encore bien chargée de coureurs. Je le perds de vue mais nous avons une neutralisation de la course, sans doute dûe à une chute. Je rattrape Thierry qui commence à s’énerver et moi je commence à avoir froid dans cette partie ombragée. 15-20 min d’arrêt complet et enfin nous sommes autorisés à repartir. Forcément, une densité de coureurs impressionnante, pas à mon aise, je laisse Thierry filer devant. Il me dira à l’arrivée qu’il évitera une énorme chute juste après car un mec s’est gaufré juste devant lui. Moi, la descente ce n’est pas mon truc, trop anxiogène. Entre le bruit des freins des divers concurrents, le bruit de l’ambulance au loin qui t’indique que des mecs se sont plantés plus bas, je reste hyper tendu, avec une douleur dans la nuque, sur les mains (à force de freiner) et la voute plantaire, le stress fait que j’appuie comme un dingue dans mes chaussures ! Arrivé en bas je cherche un mec avec un casque de Dark Vador et des roues rouges, pas de trace de Thierry. Je fais 2 fois le tour mais personne, j’essaye de tourner dans l’autre sens mais je me fais allumer par un organisateur qui passera la journée à s’époumoner pour faire respecter le sens de circulation dans le ravitaillement, vu le nombre d’étrangers qui pigent rien à ce qu’il raconte et surtout aux nombres de « français », le mec n’est pas arrivé... Tout en prenant mon ravito, je l’écoute et je ne peux m’empêcher d’avoir le sourire en coin, parce qu’il fallait voir le bordel, mais un bordel.

 Le plat

Et oui, les copains, on a eu droit à une portion de plat. Je me glisse dans un groupe qui rapidement devient un petit peloton, lancé entre 45 et 50km/h, je me régale car je ne pensais pas être capable de tenir dans un peloton a cette vitesse. Je reconnais avoir fait le creuvard puisque je n’ai pas pris un seul relais. Quand c’était à mon tour de passer, je sortais une tête de cocker castré «Désolé, j’ai pas de jambes » pour rentrer de nouveau au cœur du peloton…

 Le col de la Croix de Fer 22,4km à 6,9%

Je ne prends aucun risque, je me cale sur le tempo que m’a donné Thierry sur le col du Chaussy, j’affiche un 34*27 sur la selle et un 34*24 en danseuse dans ce début de col. Et on grimpe, on grimpe…. Plus de place que dans le 1er col, je fais tout à gauche de la route et je double. Je suis suffisamment bien pour prendre les lacets à la corde lorsque la route tourne sur notre gauche. Je lève la tête et observe ce défilé de coureurs et je me projette… On voit 2 ou 3 lacets plus haut à chaque fois et à chaque fois cela continue à monter. Dans la partie la plus pentue et pour changer de rythme de pédalage, je mets le 34*30 de temps en temps. Je découvre des vues à couper le souffle. J’arrive au sommet du Glandon un peu surpris qu’il y ait un ravitaillement car pour moi le sommet c’était la Croix de Fer. Je m’arrête, pose mon vélo sur une rambarde, me restaure et remplis mes gourdes et quand je reviens, pas moins de 4 vélos sur mon vélo ! Purée, comment je fais pour repartir c’est du grand n’importe quoi ! J’entame un début de descente qui me déstabilise, j’étais sûr qu’on faisait la Croix de Fer. En fait la descente est très courte et on réattaque pour aller sur ce nouveau col mais ce n’était pas le plus dur. Après un check avec la mascotte, une vache avec le maillot à poids, pendant que je mets mon coupe vent, j’entame la descente, toujours aussi peu à l’aise… La pente s’est « vente-privée.com », il y a de tout, des chambres à air, des coupes vents, des bidons, des gels, des lunettes sur la route !!! Bref, tu peux venir faire tes courses si tu veux….

 Le col du Mollard, non répertorié les salauds !!!

En plein milieu de la descente, j’attaque ce que je pensai être un faux plat montant, donc en 34*19 et je grimpe, d’abord le cul sur la selle et ensuite en danseuse. Ce faux plat commence à me sembler long quand je vois le panneau « sommet à 5km », je tombe de tout mon poids sur la selle en m’exprimant à voix haute « c’est quoi cette côte ! », un mec sur ma droite me dit qu’on vient de commencer le col du Mollard. Aucun souvenir sur le profil de l’étape, Il faut dire qu’au milieu d’un col Hors catégorie et de  2 cols de 1er catégorie, on ne s’attarde pas trop sur ce col de 2ème catégorie, mais quand tu es dedans… Je repasse rapidos en 34*27, rassemble ma salive dans la bouche et libère un gros glaviot sur le col du Mollard (elle est facile ok !). A ce moment très précis où j’attaque ce col, j’ai une pensée pour Christian et Jean-Luc, je les imagine en train d’en chier dans le col du Glandon, si ils savaient ce qui nous attend derrière ! Pour ma part, un col bien géré, j’ai bien alterné cul sur la selle et danseuse, je n’ai pas souvenir de difficulté sur ce col…. La descente toujours folklo pour moi mais un peu mieux car plus courte….

 La Toussuire 18km à 6,1%

Dernier col de la journée, ravitaillement en bas et petite discussion avec la bénévole responsable du stand des mini-pizzas (on ne se refait pas les copains). Plus que 20 bornes qu’elle me dit ! Elle aurait pu ajouter « dont 18 de montée…. ». A la sortie du ravitaillement, un gendarme fait la circulation, « serrez à droite si vous ne voulez pas bousiller vos pneus ! » Effectivement sur la droite de la route, une zone « jet de gels », un cimetière de gels énergétiques plus gluants les uns que les autres. Si tu passes à droite de la route, tu restes scotché sur la route !!!

Le rond point de Saint Jean de Maurienne passé, on entame le dernier col… Un monde mais un monde, une ambiance de Tour de France. Des encouragements qui fusent de tous les côtés… Je suis le seul à rouler à gauche de la route, tous les autres étaient à droite, j’ai pas compris… En fait Christian m’expliquera dans la voiture sur le retour à Paris que les coureurs ont cherché à rouler à l’ombre. J’étais le seul couillon en plein soleil, mais quand t’es bien c’est le genre de détail dont tu te fous… L’avantage c’est que comme j’étais le seul à gauche et que je montais un peu plus vite que les autres, j’ai monopolisé les encouragements…. J’ai alors fait connaissance avec les supporters « professionnels » du Tour de France. En vrac, j’ai eu droit au jet d’eau dans la tronche par le fiston, le père avec la casquette du Tour de France vissé de travers sur la tête qui court à côté de toi pour te verser de l’eau fraiche sur la nuque, le tout avec des encouragements à ton prénom (c’est marqué sur ton dossard mais laisser moi rêver que je suis un champion merde !), le tout rythmé par le son de ses claquettes. Le coureur apprécie d’être asperger, l’i-phone dans la poche arrière beaucoup moins. J’ai du le réinitialiser le lendemain. Les camping-cars, les drapeaux, les klaxons et tout le bordel qui va avec….. C’était mon moment préféré de la course, j’ai complètement déconnecté en ce début de col, sur une autre planète je vous dis…. Peu après « nos supporters » ont placé un gendarme-épouvantail avec un radar à l’ancienne, vous savez le truc mi parabole, mi grille pain, le reflexe de tout coureur à ce moment là, est de regarder son compteur, flashé à 12,7km/h le Fredo ! Dans cette joyeuse ambiance, j’ai complètement oublié de me ravitailler, moi qui avait été très scolaire depuis le début de l’étape, une gorgée d’eau tous les quarts d’heure et un gel par heure, je me suis tapé les 8 premiers km sans rien faire et le coup de chaud est arrivé. Je me suis dit « purée, encore 10 bornes, je tiendrai pas ! » heureusement la nature faisant bien les choses un faux plat montant est arrivé, gel, boisson énergétique puis de l’eau m’ont permis de me refaire la cerise, c’est parti pour les 10 derniers km, j’ai grimpé, j’ai doublé, j’ai savouré…. Enfin, la ligne d’arrivée qui approche avec ce dernier km tout plat, il faut sprinter qu’on nous dit, mon cul ouais moi ce dernier km je l’ai DEGUSTE!!!!!

Rentré à la résidence, le sourire jusqu’aux oreilles, je retrouve Thierry et je lui raconte ma course… Douché, nous entamons ensuite une petite sieste pour attendre les autres. Nous aurons des nouvelles d’abord de Jean Luc qui a pété au sommet du Glandon et ensuite un SMS puis un selfie nous apprenant que Christian a franchit la ligne…Nous finirons cette magnifique journée autour d’une bonne bière et d’une tartiflette servis à volonté…..

Les autres ont des tas d’anecdotes à raconter mais je ne les ai pas vécu, je leurs laisse donc le soin de raconter LEUR COURSE….

 letape du tour Des remerciements,

D’abord à Thierry, ce grand passionné de vélo qui a su nous faire découvrir puis partager sa passion pour ce sport. C’est aussi celui qui nous a inscrits dans cette aventure. Toujours attentionné à l’égard des débutants que nous sommes, je peux vous dire que sur nos premières sorties, 40km à 27km/h, il a du se faire chier mais il a jamais rien dit….

Ensuite Jean Luc, mon plus fidèle partenaire de vélo, je nous revois tous les deux cet hiver à se geler les miches sur nos vélos, dommage qu’il n’ai pas terminé…

Au 4ème mousquetaire, Christian, le plus courageux, qui sur 138km a fait 120km au courage ! « Heureusement que j’ai appris à souffrir sur marathon parce que sinon je passais par la fenêtre, le vélo s’est vraiment pas mon domaine ! ».

Je tenais également à remercier Bruno, car si le SCAB fête ses 15 ans cette année, il en est le principal investigateur….

Remerciement à Denis notre président, Franck notre entraîneur, les scabistes qui sont venus ponctuellement partager nos sorties vélos et tous les autres avec qui je « tourne » sur la piste….

Prochaine aventure sportive pour moi, se sera sur un half, l’Emeraude Tri Race, en septembre, en Bretagne…

 Nos temps et notre classement, aller, pour une fois on s’en tape !!!!

 Bonnes vacances et bon été à tous,

 Fred Sechet