Découvrez le récit de Sylvain, finisher VVX110.

"4h00 : la ligne de départ. Un seul objectif : repasser cette ligne ce soir. Il faudra parcourir 110km et monter 3500m de dénivelé (et en descendre autant !)."

4H00 sur la ligne de départ

"Les 13 premiers km sont en montée. Arrivé au sommet du puy des Gouttes, le jour se lève doucement, on aperçoit le puy de Dôme dans les nuages. Je connais bien la suite du parcours, la nuit est terminée, j’en profite pour relancer sur 10km assez roulants."
"C’est parti pour la montée du puy de Dôme. Ça peut paraitre bizarre mais c’est l’occasion de souffler : 25 minutes de marche rapide. Les cuisses sont quand même mises à contribution. Arrivée au sommet dans la purée de pois. Il ne doit pas faire plus de 6 ou 7 degrés, mais moi j’adore ça ! Je fais le tour du sommet, les jambes répondent bien, je vais prendre le temps de bien me ravitailler et de me recharger en eau.

8h00 : au ravitaillement je fais le bilan. C’est excellent : 28km/1500D+ (l’effort d’un marathon). J’ai mis 4h et je suis encore très en forme. Descente du puy, descentes/montées en forêt. Toujours vif, j’avale les kilomètres jusqu’au ravitaillement suivant."

"10h : Ravitaillement à la maison du parc. Allez, courage, il faut repartir : point d’eau dans 10km, et ravitaillement dans 15km. Les foulées commencent à se dégrader, mais j’avance encore."
"12h : 60ème km, j’ai donc dépassé la mi-course. Ça c’est bien ! Mais il reste encore 50km, et ça c’est nettement moins bien… Je m’étais préparé mentalement pour cette partie : presque 20km sans ravitaillement, à la chaleur, et assez plats (donc pas de côtes, donc il faut courir tout le temps). Je suis comme mon téléphone : presque plus de batterie ! Au ravitaillement je prends le temps de me préparer : bien manger, remplir à fond la poche à eau, alléger la tenue en rangeant les manchons et le tour de cou. C’est le moment de vérité ! Continuer, ne pas s’arrêter, avancer coûte que coûte. Là il ne reste que le mental pour tenir. C’est dur mais ça passe !"

"Continuer, ne pas s’arrêter, avancer coûte que coûte. Là il ne reste que le mental pour tenir."

Sylvain

"14h30 : au ravitaillement du puy de Ténuzet, je suis saisi par l’émotion : je sais que je vais finir. Il me reste 20km pour atteindre le 98ème, ma femme et ma fille m’y attendent. Les barrières horaires ne poseront pas de problème. Je suis parti depuis plus de 10h, il en reste au moins 5, mais je sais que j’y arriverai.

La côte pour atteindre le puy de l’Espinasse est redoutable, il fait chaud, les kilomètres défilent au ralenti. Nous sommes au 88ème, le ravitaillement est dans une carrière au soleil. Je fais défiler dans ma tête des éléments de motivation : les copains qui me suivent sur le live track, je me projette mentalement à l’arrivée, …  Je me force à courir (disons plutôt trottiner) sur le plat. Par contre mes quadriceps sont en vrac et les descentes sont vraiment très dures.

18h15 : ma femme et ma fille ainée m’attendent au ravito. Que c’est bon pour le moral ! Comme prévu, ma fille m’accompagne sur la fin. Il reste 12km, dont une partie très sympa en forêt au bord d’un ruisseau. J’avance tout doucement, mais j’avance. J’ai fait 100km !!! Le chemin descend au bord du ruisseau, mais je sais qu’il faudra tout remonter. Très longue montée jusqu’au château de Tournoel, arrivé en haut je fais remarquer à ma fille que cette montée était longue mais pas très difficile… à ce moment-là le chemin ne descend pas en direction de Volvic qu’on aperçoit en contrebas, il repart dans une ascension terrible. Ma fille décroche, mais je n’ai pas la force de l’encourager. Superbe vue en haut, ce joli coup d’œil m’aura couté cher. La descente est douloureuse mais je craignais que ce soit pire. Nous voilà en ville !

Traversée de Volvic, les rares passants nous encouragent. L’émotion revient dans la montée vers le site du Goulet et la ligne d’arrivée."

"20h13 : je passe la ligne les bras levés ! Fierté, bonheur, épuisement, … que c’était dur, mais je l’ai fait !"